TER d'un ETF : comprendre les frais et ce qu'ils coûtent vraiment
20 juillet 2026 · 9 min de lecture
Sur chaque ETF, un pourcentage revient systématiquement : le TER. C'est le chiffre que tout le monde regarde, souvent sans savoir ce qu'il recouvre exactement, ni combien il coûte réellement au bout de vingt ans.
Cet article répond aux trois questions qui comptent : ce qu'est le TER, ce qu'il vous coûte en euros, et ce qu'il ne vous dit pas.
Le TER, en une phrase
TER signifie « Total Expense Ratio », soit les frais annuels totaux du fonds, exprimés en pourcentage de la somme investie. Un TER de 0,20 % veut dire que le fonds prélève 0,20 % par an, soit 20 € par an pour 10 000 € placés.
Point important, et souvent mal compris : vous ne recevez aucune facture. Ces frais sont prélevés en continu sur les actifs du fonds, donc déjà déduits de la performance affichée. Quand un ETF annonce +8 % sur l'année, c'est +8 % net de TER.
Ce que le TER couvre réellement
Le TER regroupe les coûts de fonctionnement du fonds : la rémunération de la société de gestion, les frais du dépositaire qui conserve les titres, l'administration, l'audit et les frais réglementaires.
C'est ce qui explique pourquoi un ETF sur un indice très large et très liquide comme le S&P 500 coûte moins cher qu'un ETF thématique de niche : suivre 500 grandes valeurs américaines demande moins de travail que gérer un panier de trente entreprises spécialisées, réparties sur plusieurs pays.
Combien ça coûte vraiment, en euros
C'est là que l'abstraction devient concrète. Prenons 10 000 € placés une fois, avec une hypothèse de rendement brut de 7 % par an, et comparons quatre niveaux de frais courants.
Au bout de 20 ans, avec un TER de 0,07 % vous obtenez environ 38 200 €. Avec 0,20 %, environ 37 300 €. Avec 0,40 %, environ 35 900 €. Et avec 0,65 %, environ 34 300 €.
Autrement dit, entre l'ETF à 0,07 % et celui à 0,65 %, l'écart atteint près de 3 900 € sur la mise de départ de 10 000 €. Vous n'avez rien fait de différent, vous avez simplement choisi un produit plus cher pour suivre un marché comparable.
Et l'écart grandit avec le temps, parce que les frais s'appliquent chaque année sur un capital qui grossit. Sur 30 ans, la différence entre 0,07 % et 0,40 % dépasse 6 500 € pour ces mêmes 10 000 €.
Ces chiffres sont des simulations à hypothèse constante, destinées à donner un ordre de grandeur. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Ce qu'est un TER normal, selon le type d'ETF
Les ordres de grandeur aident à repérer ce qui est cher. Sur les grands indices d'actions mondiales ou américaines, on trouve aujourd'hui des ETF entre 0,05 % et 0,20 %. C'est la zone des produits les plus compétitifs.
Sur les ETF éligibles au PEA, comptez plutôt 0,15 % à 0,30 %. Ce surcoût s'explique : ils passent par une réplication synthétique, plus complexe, qui permet justement de loger des actions étrangères dans un PEA.
Sur les obligations, la fourchette habituelle va de 0,07 % à 0,25 %. Sur les ETF sectoriels et thématiques, on monte souvent entre 0,35 % et 0,65 %. Au-delà de 0,70 % pour un ETF actions classique, la question mérite d'être posée.
Les coûts que le TER ne montre pas
Le TER est le coût du fonds, pas le coût total de votre investissement. Trois postes s'y ajoutent, et on les oublie souvent.
D'abord les frais de votre courtier, prélevés à chaque ordre d'achat ou de vente. Sur de petits versements mensuels, ils peuvent peser bien plus lourd que le TER. Un ordre à 2 € sur un versement de 100 € représente 2 % d'un coup, à comparer à 0,20 % par an.
Ensuite le spread, c'est-à-dire l'écart entre le prix d'achat et le prix de vente à l'instant où vous passez votre ordre. Il est minuscule sur les gros ETF très échangés, nettement moins sur les fonds confidentiels. C'est une raison concrète de préférer un ETF de taille importante.
Enfin, les frais de l'enveloppe. En assurance-vie, les frais de gestion du contrat, souvent 0,50 % à 0,80 % par an, s'ajoutent au TER et changent complètement le calcul. En PEA et en compte-titres, il n'y a pas ce niveau de frais.
Le piège de ne regarder que le TER
Deux ETF sur le même indice avec le même TER ne délivrent pas forcément la même performance. L'écart réel entre la performance du fonds et celle de l'indice porte un nom : la différence de suivi.
Elle dépend de la qualité d'exécution du gérant, de la fiscalité appliquée aux dividendes selon le pays de domiciliation du fonds, et parfois du prêt de titres, qui peut rapporter un petit surplus au fonds.
En pratique, sur les grands ETF d'un même indice, cet écart reste faible et le TER demeure le meilleur critère de comparaison rapide. Mais gardez en tête que c'est un indicateur, pas une vérité absolue.
Où trouver le TER d'un ETF
Le TER figure obligatoirement dans le Document d'Informations Clés, le DIC, que chaque émetteur doit publier. C'est le document de référence, celui qui fait foi.
Vous le trouvez aussi sur la fiche produit de l'émetteur, chez votre courtier, et sur les comparateurs d'ETF. Sur SimulETF, il est affiché sur chaque fiche ETF et vous pouvez trier tout le catalogue par frais croissants depuis l'explorateur.
Trois questions fréquentes
Le TER est-il prélevé sur mon compte ? Non. Il est déduit en continu de la valeur du fonds. Vous ne verrez jamais de ligne « frais » sur votre relevé de courtier.
Qu'est-ce qu'un bon TER ? Cela dépend de ce que vous achetez. Pour un ETF sur un grand indice actions, viser sous 0,25 % est raisonnable. Pour un thématique, un TER de 0,45 % n'a rien d'anormal. Comparez toujours des ETF suivant le même indice.
Faut-il toujours choisir le TER le plus bas ? Pas systématiquement. Un ETF légèrement plus cher mais beaucoup plus gros, donc plus liquide et avec un spread réduit, peut revenir moins cher au total si vous achetez souvent. Et si vous investissez en PEA, l'éligibilité prime sur quelques centièmes de frais.
Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.
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